Quelques documents des 13em 14em 15em et 18em siècles sur Espédaillac

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le régime féodal ne s’est pas instauré en France par suite d’une brusque révolution sociale ou par l’effet de la volonté du prince. Il est la résultante de forces économiques s’exerçant pendant une longue période.

C’et une bonne fortune que de découvrir des documents permettant de saisir ces forces en action. Cette bonne fortune nous est donnée en ce qui concerne la seigneurie d’Espédaillac grâce à un dossier faisant partie des archives de l’hôpital de Figeac.

         Nous devons la copie des documents qui le compose à l’érudit Mr Cavalié ancien principal du collège, ancien adjoint au maire de Figeac, auteur d’une histoire de Figeac, de ces institutions et de nombreux autres travaux malheureusement restés inédits.   

 

 

          Vers la fin du 18em siècle, la communauté d’Espédaillac en procès avec son seigneur, avait député un syndic pour défendre ses droits devant le parlement de Toulouse.

         La mission remplie, le syndic Maître Lacaze avocat au parlement et notable bourgeois d’Espédaillac reprit le chemin du retour. Il voyageait a cheval, au abord de Figeac dans la côte de l’aiguille, le cheval fit une chute.

         Le cavalier, pris sous sa monture eut la jambe brisée. On le transporta à l’hôpital de Figeac, son dossier l’y suivit et y resta.

C’est du moins ce que nous conte M Cavalié.

 

         Quoi qu’il en soit ces documents nous permettent de suivre les tractations intervenues du 13em au 18em siècles entre les seigneurs d’Espédaillac et leurs tenanciers.

         Dans le haut moyen âge le plateau formant le causse de Livernon, tous comme une grande partie de celui situé entre le Lot et le Célé appartenait aux De Barasc.

         La maison De Barasc était une des plus anciennes et des plus distinguée du Quercy. Leurs possessions étaient étendues, leurs vassaux nombreux.

         Un De Barsac prit part à la première croisade. Il marchait sous le fanion de Raymond de St gilles, comte de Toulouse son suzerain. Il mourut outre mer non sans avoir par testament restitué à l’Abbaye de Marcillac des biens qu’il avait usurpé sur ce monastère.

         Pendant la guerre des Albigeois, les De Barasc prirent parti pour le comte de Toulouse. Toutefois, ils firent leur soumission a Simon de Montfort des 1214 comme l’établit un acte d’hommages présenté au chef des croisés par Dieudonné De Barasc dressé à l’armée prés Montuy l’an 1214, la veille des idées de juin cité par Champollion Figeac dans son opuscule sur les coutumes de Grealou

Cette soumission n’était pas sincère car, lors du siège de Toulouse en 1219 par Louis fils aîné du roi Louis 7. Dieudonné De Barasc avait rallié l’armée du comte de Toulouse.

Dom Vaysette, dans l’histoire générale du Languedoc, nous dit qu’il fut chargé de défendre avec ses gens la Barbacane et la porte du Bazacle et qu’il se conduisit avec tant d’habilité et de courage que les croisés ne purent s’en emparer.  

 

 

         Il est vraisemblable, mais non établi que la commanderie de Durbans et celle du Bastit avec son annexe d’Assier furent fondées par les De Barasc. Mais des la fin de ce siècle, les Cardaillac s’étaient par mariage substitués aux De Barasc dans la seigneurie d’Espédaillac.

         Des De Cardaillac, cette seigneurie passa aux Thémines puis aux Clauzieres qui la possédaient en 1789.

         La seigneurie d’Espédaillac était moins étendue que ne l’est aujourd’hui la commune d’Espédaillac. La superficie de celle-ci est au cadastre actuel de 3437h3926 alors que le cadastre de 1758 ne donne à la seigneurie qu’une superficie de 1829h7958 ou 3218 setiers 3 quartons 0 pugnées 3 quart, selon la mesure de l’époque.

         La partie nord de la commune comprenant Conquête, Combe Rouge, Damance, Tourène, le Mas d’Ourgnaguel, le Mas de Béral dépendait de la commanderie de Durbans. Alors que la partie sud consistant surtout en les terres et bois de Ginouillac, relevait du monastère d’Espagnac et de l’abbaye de Marcillac.

 

 

 

Sentence arbitrale de 1271

         Le plus ancien document que nous possédons sur Espédaillac date du 6 octobre 1271. A cette époque, il existait des différents déjà anciens entre les chevaliers de st Jean de Jérusalem de l’hôpital d’Espédaillac et les De Barasc seigneurs du lieu.

         Les De Barasc prétendaient avoir droit à une rente de 30 livres caocimes sur les pâturages, herbages, terres et certains Mas situés sur la paroisse d’Espédaillac et possédés par l’ordre de st Jean de jérusalem. Ils élevaient également des réclamations au sujet de la jouissance des saccages ou dommages causés à leurs gens ou choses et des frais par eux exposes pour obtenir réparation.

         Après avoir longtemps discuté, on convient de s’en rapporter à la décision d’un arbitre. C’est pourquoi le jour de la fête de st Denis l’an 1271, régnant Philippe 3 (le Hardi).

Religieux   frère Pierre de Géraud précepteur des maisons de l’hôpital de st Jean de Jérusalem en Quercy, agissant pour et au nom des frères de l’hôpital d’Espédaillac d’une part, et noble Dieudonné de Barasc, chevalier seigneur de Montbrun, l’oncle agissant pour lui et ses héritiers, Raymond Arnaud et autre Dieudonné, ses neveux d’autre part. Choisirent pour arbitre Barascon de Thémines. A qui ils donnèrent plein pouvoirs sauf à lui à s’entourer des conseils de Monsieur Ademard Boisset, chanoine de Cahors et de Monsieur Guillaume Prud Homme Jurisconsulte de Figeac.

         L’acte de cette désignation fut dressé à Montbrun dans le château du dit seigneur De Barasc.

         La sentence fut rendue la même année et l’acte en fut dressé dans la maison du Paujalat un jour non indiqué.

         Barascon de Thémines décida que la maison et les frères de l’hôpital d’Espédaillac n’avaient et n’auraient pas à payer les trente livres caocimes réclamées par les De Barasc comme avoués et défenseur du dit hôpital. Que celui-ci possèderait et jouirait en toute propriété avec toute juridiction et tous droits de justice, le territoire situé au nord de la ligne jalonnée par Cabane, la Combe Rouge, la Place du Sol, le chemin du Casals et la limite de Quissac. Par contre l’arbitre, accorda aux habitants D’Espédaillac le droit de faire pacager leurs animaux dans las herbages attribués à l’hôpital depuis la commencement d’avril jusqu'à la fête de la nativité de st Jean Batiste. Mais il spécifia que si les usagers ou leurs fête venaient à causer des dégâts, le commandeur pourrait les faire expulser sans user de violence et que, si une épidémie sévissait sur les troupeaux, on ne devrait pas conduire ceux-ci dans les pâturages de l’hôpital. 

         Barascon de Thémines dona également aux habitants d’Espédaillac, le droit en cas de nécessité, d’abreuver leurs animaux dans le lac salé en ne causant aucun dégâts aux terres d’alentour et celui de fendre dans les bois de l’hôpital, le bois nécessaire a leur chauffage, mais avec défense de couper les arbres aptes a faire des poutres, planches, douves ou autres choses semblables.

         Dieudonné De Barasc fût condamné à payer à l’hôpital 50 livres caocimes a raison des dommages que lui, sons père ou leurs gens avaient occasionné aux gens ou choses de l’hôpital. Celui-ci fut astreint au service d’une rente d’un marc d’esterlings en faveur des De Barasc comme leur armé et défenseur. 

         Enfin le percepteur devait produire avant la prochaine fête de Marie Madeleine, l’acceptation de la sentence par le prieur de st Gilles de qui dépendaient les maisons de l’ordre de st Jean de Jérusalem située en quercy.  

 

 

 

Sentence arbitrale de 1280

         Dieudonné DE Barasc, l’oncle mourut peu après qu’eut été rendu la sentence arbitrale de 1271.

         La seigneurie d’Espédaillac échut en partage à son neveu Raymond qui ne survécut pas longtemps à son oncle. En 1280, il était déjà mort ne laissant pour héritier qu’une fille mineur sous la tutelle de sa mère Barane.

         Le prieur de st Gilles n’avait pas voulu ratifier la transaction de 1271 ou bien l’ordre de st Jean de Jérusalem voulut-il profiter de la minorité de la seigneuresse d’Espédaillac pour s’affranchir de certaines obligations ? Nous l’ignorons, mais un document de 1280 établit, qu’à cette époque des contestations s’étaient élevés à nouveau entre les frères de l’Hôpital d’Espédaillac et la seigneuresse de ce lieu.

         Le commandeur de l’hôpital protestait notamment ne pas devoir à la mineur, le marc d’esterlings pour raison d’avoir qu’on réclamait en son nom. Il ne convenait pas assurait il que la garde et la protection de l’hôpital fussent confiées a une jeune fille mineur. Au surplus disait il aucun titre aucun ne l’obligeait a ce service.

         Barane, de son côté, au nom de sa fille proclamait le bon droit de celle-ci à la perception du marc d’esterlings. Elle accusait en outre, les frères de l’hôpital de détenir des terres dépendant de la seigneurie d’Espédaillac.

         On discuta longtemps, puis comme ces contestations avaient entraîné bien des ennuis et occasionné bien des frais aux parties en cause, elles convinrent comme en 1271, de soumettre l’affaire a des arbitres.

         Les arbitres choisis furent au nombre de trois :

Pierre de Chien (de Canis) commandeur d’Assier

Pierre de Granoille Chanoine

Jean Lacavalerie jurisconsulte

         Les arbitres procédèrent à une nouvelle délimitation de la seigneurie en indiquant ses limites. Ils spécifièrent que le mas de st Pierre aujourd’hui commune de Grèzes et orthographié « cinq pierres » appartiendrait avec ses dépendance, à l’hôpital et accordèrent à celui-ci des rectifications de bornes autour des bâtiments et de l’enclos qu’il possédait dans le bourg d’Espédaillac. Le tènement du Pech Larinié entre le chemin de la Salle à Espédaillac, le chemin d’Espédaillac au mas d’Ourgnaguel et la limite actuelle de la commune de Durbans devaient rester commun.

         L’hôpital fut libéré du paiement du marc d’esterlings pour cause d’avoirie et en outre, d’une rente de douze deniers caocins qui étaient due sur terroir qui lui était attribué.

 

 

 

Coutumes d’Espédaillac

         Hélène De Barasc, mineur lors de la transaction de 1280 épousa De Cardaillac, seigneur de Thémines et quo seigneur de Cardaillac a qui elle apporta la seigneurie d’Espédaillac.

         A la fin du 13eme siècle, les villageois s’agitent partout. Ils ne veulent plus être taillables et corvéables a merci. Il ne recherchent pas leur émancipation en vue de plus de prestige sociale, ils n’en on pas la moindre idée. Ils veulent assurés la stabilité de leur foyer et rendre fixe les règles présidant à la répartition des produits de leurs travaux. Dans ce but ils ne se révoltent pas, ils ne déguerpissent pas, mais ils opposent la force d’inertie.

         Le seigneur qui a des besoins comprend que mieux vaut percevoir une rente fixe que des redevances indéterminées et incertaines. Les terres sont en friche est sont intérêt est de les mètres en état de culture. Il ne peut le faire qu’en s’attachant ses tenanciers et en attirant sur ces terres des hommes nouveaux.

         C’est pour y parvenir qu’il concède a ses colons et a ceux qui a l’avenir se fixeront sur ses terres, des droits qu’il s’engage a respecter et a faire respecter par ces héritiers, et qu’il impose a ses tenanciers des obligations et des devoirs qu’il s’engage a ne pas modifier ni accroître.

         Les concessions sont généralement antérieures aux instruments ou elles sont consignées. Le plus souvent, les chartes consacrent un état de chose préétabli devenu tradition, coutume, d’où leur nom charte de coutume.

         Il en fut ainsi à Espédaillac. Géraud de Cardaillac fit rédiger la charte en 1285 et la proclama le jour de l’annonciation. Ce même jour, il prêta serment de respecter les coutumes qu’y i étaient contenue est ses tenanciers jurèrent de lui être fidèle et d’observer les dites coutumes.

         Cette charte nous est parvenue grâce a la prudence et peut être même a la méfiance des habitants d’Espédaillac au 15eme siècle. A cette époque, eurent lieu des conventions entre le seigneur et ses tenanciers. Ces conventions confirmaient les anciennes coutumes tout en les rectifiant sur certain point. C’est pourquoi les habitants d’Espédaillac demandèrent leurs insertions dans l’instrument de la transaction de 1488 dont nous avons une copie.

         Le texte des coutumes en 1285 avait été établi en latin, en 1488 les habitants demandèrent qu’il fût traduit en langue vulgaire afin de mieux le comprendre. C’est cette traduction que nous allons donner sans tenter un rajeunissement qui en affaiblirait l’expression. Toute foi, nous nous excusons des erreurs orthographiques que peut présenter notre texte. Aux époques reculées où furent établis les documents qui nous occupent, l’orthographe était souvent phonétique et très variable.

         Le préambule de la charte est resté en latin dans l’acte de 1488 en voici la traduction.

 

         En l’honneur du Dieu tout puissant et de la st vierge sa mère et de tous les saints de Dieu. Sachant tous présents et a venir que l’an de l’incarnation du seigneur 1285 ceux vèpres de l’annonciation de la bonne vierge Marie sous le règne de Philippe roi des Français. Nous Géraud de Cardaillac, damoiseau fils de noble Béranger de Cardaillac, chevalier agissant pour nous, nos héritiers et successeurs et pour notre épouse Hélène. Ne voulant plus à l’avenir opprimer les habitants de notre possession d’Espédaillac, sis au diocèse de Cahors, renonçant à grever de tributs la susdite possession, ses habitants et leurs successeurs. A l’avenir, nous leurs accordons et donnons les libertés, franchises et coutumes ci-dessous écrites. Les quelles seront permanentes et perpétuelles dans notre susdite possession et dans toute la paroisse d’Espédaillac. Laquelle paroisse et son territoire confronte d’une part avec les terres de Quissac, la terre d’Albert, la terre de la Brasconie, la terre de Grèzes et de Livernon. Sur les quelles possessions nous retenons pour nous et nos successeurs nos droit de haute moyenne et basse justice en tout ce qui n’est pas contraire aux libertés et franchises dont le texte suit.

 

 

Texte des coutumes

 

         Nous ne pouvons, étant donné les limites que nous avons assignés a notre travail étudier en détail ces coutumes ou du moins l’extrait de ces coutumes qui nous est parvenu. Toutefois nous devons signaler quelque unes de leurs particularités.

         Elles ne contiennent aucune trace de servage. La fonction de consul était peu recherchée. On édictait des amendes pour ceux qui la refusaient.

         Les tenanciers peuvent chasser librement sauf à s’interdire les filets et les collets pour la chasse aux lapins et aux perdreaux. Et sauf aussi à faire présent au seigneur de la hure s’ils prennent un sanglier, ou d’un quartier s’ils prennent un cerf ou un chevreuil.

         Aucune banalité n’est imposée aux tenanciers qui ont toute latitude de se construire des demeures dans un tènement qui paraissait correspondre, au Mas de Corne, au Caussanel et au Mas de Mérigues.

         Ces coutumes paraissent des plus libérales parmi celles données aux localités de notre région et parvenues à notre connaissance. 

  

 

 

Sentence arbitrale de 1350

 

         Géraud de Cardaillac époux d’Hélène de Barasc qu’y en 1280 octroya la charte des coutumes aux habitants d’Espédaillac vécut peu.

         Dans un accord en 1299 intervenu entre les Barauds de Cardaillac et leurs vassaux, nous voyons déjà figurer son fils Raymond.

         Raymond de Cardaillac, lui aussi mourut jeune. Il testa en 1318 et en 1324 il était mort. Il avait épousé Bertrande de Thémines dont il eut plusieurs enfants. L’un deux Géraud lui succéda et fut seigneur de d’Espédaillac et de Thémines, co-baron de Cardaillac.

         Il épousa en 1330, si nous en croyons la généalogie des Cardaillac Douce de Cardaillac de la branche des Cardaillac Varcire.

         Une autre branche de cette puissante famille possédait alors la seigneurie de Brengues contiguë a celle d’Espédaillac. Au milieu du 14eme siècle, son seigneur était Marques DE Cardaillac.

         Il se titrait co-Baron de Cardaillac et seigneur de Brengues.

Les deux voisins, Géraud et Marques de Cardaillac, étaient en difficulté. Ils soumirent leurs différents a des arbitres.

         Ceux-ci rendirent leur sentence le lundi après la fête de tous les saints en l’année 1350. L’acte en fut reçu par Raymond de Leynac notaire royal.

         Les arbitres attribuèrent à Marques de Cardaillac, seigneur de Brengues, le tiers de la Brasconie, le Quartayrous  de Génies et le mas de Fourques avec plusieurs terres cultes et incultes, le joignant situé sur les paroisses de Brengues et de Ginouillac.

         A Géraud de Cardaillac, seigneur d’Espédaillac, ils accordèrent le Quartayrous de maves et de l’Aurodour situé au nord des terres attribuées à Marques.

         En outre ils libérèrent Géraud de Cardaillac des rentes qu’ils devait a Marques a raison de 22 livres sept sols caorcins sur le mas de la Serre, et de douze setiers de seigle, un setier d’avoine, dix sols caorcins et 2 poules sur le mas de Ciries tous deux situés sur la paroisse de Fourmagnac.

         Les arbitres précisèrent soigneusement les limites séparant les deux seigneuries. Les limites traversant un Couderc et un lac dit lac d’Ayvern et aujourd’hui lac d’Albert, il fut convenu que le Couderc et le lac seraient commun aux deux parties pour y abreuver leurs bestiaux.

         Géraud de Cardaillac du obligé à engager ses tenanciers d’Espédaillac à aller moudre leur grain au moulin de Brengues. On accorda en retour a ses tenanciers le privilège de moudre leur grain avant les autres, le seigneur excepté. IL leur donna même la faculté d’abreuver leurs animaux à la rivière du Célé quand ils iraient moudre. On leur promit que, si dans le trajet ils cueillaient quelques fruits, les raisins exceptés, ils ne seraient pas mis à l’amande et n’auraient qu’à en payer la valeur.

         Géraud de Cardaillac n’oublia pas de faire stipuler que si jamais il possédait un moulin a Espédaillac ou à un lieu alentour, cette obligation cesserait.

         La limite des 2 seigneuries était jalonnée à un point situé sur le chemin de Brengues à Cahors par une fontaine dite d’Omélie. C’est aujourd’hui une mare située aux abords du chemin allant de fourques basse rejoindre la route de st Sulpice. Les deux parties obtenaient le droit d’utiliser l’eau de cette fontaine et s’accordaient réciproquement les droits de passage nécessaire, en ayant soin de stipuler des indemnités en cas de dommage.

         En terminent les arbitres déclarent, que si les dits seigneurs avaient entre eux d’autres différant, ils prononceraient une nouvelle sentence dans un an prochain.

 

 

Acensement de 1446

 

         En 1446 Charles 7 règne en France. Depuis quinze ans déjà Jeanne la Pucelle a été brûlée vive à Rouen. La lutte contre les Anglais n’est pas encore terminée, mais on entrevoit déjà la libération complète du territoire.

         Espédaillac, comme bien d’autres localités du haut Quercy a été dévasté et déguerpi. Les Anglais ou les pillards qui se réclamaient deux, ont longtemps occupés la Braunhie et la vallée du Célé. Toutes les habitations ont été détruites. Il ne reste aucun habitant à Espédaillac.

         Mai 1446, le Quercy est évacué. Tout comme ses voisins, sous peine de garder ses terres incultes et improductives, le seigneur doit attirer de nouveaux tenanciers en leurs accordants des conditions plus favorables que celles fixées par les anciennes coutumes.

         C’est l’objet d’une charte établie le 27 février 1446, à Belfort diocèse et sénéchaussée de Cahors, par Raymond De Cardaillac co-Baron de Cardaillac Seigneur de Thémines, de Pennes, d’Espédaillac et autre lieux.       

 

Géraud De Cardaillac, qui en 1350 avait transigé avec Marqués De Cardaillac, seigneur de Brengues eut 2 enfants. Un fils Marqués, et une fille Hélène.

         Marqués, qui lui succéda mourut sans laisser de descendant après avoir hérité de la seigneurie de Thémines d’un de ses cousins, Guillaume de Thémines.

         Hélène, avait épousé Ratier de Pennes et en avait eu un fils Prénommé Raymond et une fille prénommée Catherine.

         C’est a Raymond de Pennes, que son oncle, Marqués de Cardaillac, de Thémines institua pour héritier a charge de relever ses armes et titres.

         C’est pourquoi, dans la charte de 1446, le concédant est désigné comme étant Raymond de Cardaillac, quo seigneur de Cardaillac de Thémines de Pennes et seigneur d’Espédaillac.

         C’est de ce fait, que ses armes étaient :

Ecartelé au 1 d’or à trois faces de sable au chef d’Hermines qui est de Pennes.

Et au 2 gueules a deux chèvres passantes d’argent l’une sur l’autre qui est de Thémines.

Au 3 coupe, au 1 d’azur, au lion léopardé d’argent qui est de Barasc.

Au 4 de gueules au lion d’argent armé lampassé et couronné d’or accompagné de 13 faisans d’argent en orle.    

  

Le lieu d’Espédaillac qui au 13 eme siècle avait compté jusqu’à cent vingt tenanciers, un document nous l’atteste, est désert. Plus trace d’habitation, partout des friches. Les ronces remplacent moissons.

         Raymond de Cardaillac mande avenir vers lui, tous cultivateurs désireux d’avoir une terre, il s’en présente huit.

         D’abord un seul :

Raymond Desprat de Reyrevignes.

         Puis peu après sept autres. Quatre originaire de Toirac :

Jean Mersen

Jean Yssaly

 Jean Bessat

Aymeric Delpon

         Deux de Reyrevignes, tous comme Desprat :

Jean Rigolac

Bertrand Rigolac

         Et un d’Issepts :

Géraud Teyssere

 

         Le 27 février 1446, ces manants s’étant rendus à Belfort ou résidait Raymond de Cardaillac, Mr Garlat, notaire dressa l’acte du nouvel accensement en présence de Pierre de Gourdon, de Guillaume Delpeche de Balaguier, de Jean Bedo de Belfort et de Pierre Olimat du diocèse de Rodez.

         L’acte est rédigé en Latin, il contient beaucoup de longueur, en voici l’analyse.

         Raymond de Cardaillac, donne à nouveau cens au sept tenanciers plus haut désignés, a charge de respecter les droits déjà octroyés à Raymond Desprat, tout le lieu d’Espédaillac et toute la terre d’albaut qui confronte avec la terre de Quissac, la terre de Brasconie, la terre de Ginouillac, la terre de Fourques, la terre de Grèzes, la terre de Livernon, la terre de l’hôpital d’Espédaillac et la terres de Durbans.

         Le seigneur se réservait seulement pour lui et les siens, à perpétuité les droits seigneuriaux de suzeraineté de justice haute et basse, tous droits de juridiction mère, mixte, et impare, et tous droits quelconques précisés dans les coutumes anciennes du lieu.

         Cet accensement était consenti sous les cens annuel de :

26 setiers de froment

6 setiers d’avoine mesure de Figeac

17 livres 17 sous 6 deniers tournois volant 13 écus d’or du poids de trois deniers au coin de Toulouse

8 paires de poules

8 livres de cire.

         Sans préjudice des autres droits seigneuriaux acceptés arrière acceptés des lors perçus à l’occasion des changements de seigneur, de Tenancier, est des ventes.

         Soit un denier par sou et une obole par sou seulement sur la mise en gage.

Les redevances en grain équivalant à 37 hectolitres 44 de froment et a 14 hectolitres d’avoine.

         Quant a la redevance en espèce, si nous nous en rapportons aux calcules de Mr d’Avenel, elle équivaudrait a 464 F 65 de nos francs d’avant guerre.

         Les prestations en nature devaient être remises à la fête de st Julien, et l’argent, moitié a la fête de st André et moitié a la fête de la pentecôte.

         Raymond de Cardaillac eut soin de renouveler l’interdiction, de placer sur cens, et de transmettre le bien à des nobles, clercs, religieux, ou autres personnes prohibées.

         Les tenanciers s’obligèrent à construire huit habitations dans le territoire qui leur était donné en cens. Il fut convenu que pour tout nouvel habitant venant se fixer à Espédaillac, les cens s’accroîtrait d’une paire de poule et d’une livre de cire.

         Les tenanciers durent s’interdirent de faire paître dans les herbages et pâturages des animaux ne leur appartenant pas, mais ils eurent la faculté, d’y faire paître des animaux a cheptel sauf a en justifier.

         Il fut reconnu que le four vieux était commun aux tenanciers pour avoir été construit et réparé par eux. Toute foie le seigneur se réserva d’utiliser ce four s’il venait séjourner à Espédaillac.

         Il fut interdit aux tenanciers de donner licence à des étrangers, de recueillir des assains d’abeilles et de récolter du miel.

         Il fut stipulé que les emphytéotes n’auraient aucun droit de passage ni aucune servitude sur la terre de la Brasconie. Comme de droit, le seigneur se réserve le château et les fortifications.

         Enfin, les parties s’obligèrent au serment réciproque et le seigneur reconnut à nouveau à ses tenanciers, le droit de consulat comme il était établi dans les anciennes coutumes.

         Comme dont de joyeuse entrée, les emphytéotes remirent au seigneur une somme en espèce d’or. Une lacune de la copie en notre possession, nous laisse ignorer le montant de cette somme.

         L’acte ce termine par des élections de juridiction en cas de difficultés et par le serment d’usage.

         Il est à noter que le nouvel acensement de 1446 refuse aux tenanciers la jouissance de la Brasconie que leur accordait la charte de 1285.

  

Compromis de 1447

         Les huit nouveaux censitaires de la seigneurie ne purent pas prendre une paisible possession de tout le territoire qui leur avait été accensé.

         Le commandeur de l’hôpital d’Espédaillac, Pierre de Montehugdon revendiquait une partie du terrain situé sur la paroisse d’Espédaillac et compris dans l’acensement.

         L’affaire fut portée devant le Sénéchal du Quercy. Mais comme elle traînait en longueur, et que les frais s’accumulaient, les parties convinrent de nommer un arbitre. Ils choisirent Mr Jean de Vernhes, licencié en l’un et l’autre droit de Villefranche. 

         Celui-ci rendit rapidement sa sentence, il en fut dresser l’acte par Ricard Pradal, notaire à Figeac le 21 novembre 1447.

         L’arbitre dans sa sentence confirme les droits reconnus a l’hôpital d’Espédaillac par la transaction de 1280 rendu par Barascon de Thémines. Il renouvelle la déclaration que l’hôpital ne doit pas au seigneur d’Espédaillac la rente d’un marc d’esterlings pour cause d’avoir, mais se réserve de décider ultérieurement dans l’année, si les tenanciers d’Espédaillac ont droit au pacage sur la possession de l’hôpital.

         Il détermine méticuleusement les limites du fief de l’hôpital dans le lieu d’Espédaillac et, à la demande des paris il trace à nouveau la limite générale des terres de l’hôpital d’avec celles du nouveau seigneur d’Espédaillac.

         Dans cette délimitation quelques points peuvent être identifiés. C’est ainsi qu’il confronte les terres de l’hôpital du côté de Livernon avec Cabanes qui relève du seigneur de Livernon, du coté de Grèzes avec la Combe de la Grélie, du côté d’Espédaillac avec le terroir du Pech Ventoux. La combe du dit Pech restant au dit seigneur d’Espédaillac jusqu’à une borne placée à la limite du tiènement de la gachie. De ce point, division suit la limite de la Gachie, jusqu’à une combe dite de Pouzannel, comme il est désigné par des murs ou des arbres anciennement marqués. La division partage cette combe ou elle est indiquée par une borne d’où elle se dirige vers le Salés puis le chemin de Rocamadour et en suite par un Mas non désigné vers la borne des terres de Quissac.

         [Cabanes, la Grélie, Pech Ventoux, la Gachie, Pouzannel, le Sales, sont des noms de lieu encore en usage et facile à repérer sur un plan cadastral.]

  

Acensement de 1448

         Pierre de Monthugon, commandeur d’Espédaillac et de Latronquière, ayant recouvré les terres dont ses prédécesseurs jouissaient dans la paroisse d’Espédaillac, voulut en tirer profit.

         Sans doute ces terres étaient comprises dans le bail a cens consenti à ces huit tenanciers par Raymond de Cardaillac en 1446. Mais le commandeur est étranger à cet acte. Pour lui, ses terres sont libres. Il offre aux huit tenanciers du lieu d’Espédaillac de les leurs accenser. Ceux-ci les ont déjà reçues a cens de Raymond de Cardaillac qui leur a promis et leur doit garantie.

         Mais ils n’invoquent pas ce droit, ils acceptent la proposition du commandeur et le 10 janvier 1448, le notaire Pradal dresse l’acte du nouvel acensement.

         De cet acte nous n’avons qu’une courte note mais elle contient les dispositions principales.

         Le commandeur baille a nouveau fief et accepte à Jean Yssaly et aux autres habitants d’Espédaillac, par indivis tous les biens qui lui appartiennent dans la paroisse d’Espédaillac, maisons, terres cultes et incultes, cazels, ayrols et autres choses sous la rente de 13 setiers de froment, mesure de Figeac. Le tous portable a la St Julien à Espédaillac à la demeure du Commandeur. Plus 3 livres tournois en argent et 13 paires de poule a la St André avec tous droits et devoirs seigneuriaux.

Le commandeur déclara toutefois exclus du bail quelques maisons situées à Espédaillac, une vigne et un jardin voisin de la Commanderie. Deux autres jardins qui étaient possédé par Raymond Hirondelle qui en payait rente. Une maison que Pierre Gounin tenait a fief de l’Hôpital et une autre maison qu’occupait Arnaud Gounin religieux de l’ordre.

         Les tenanciers étaient dispensés de la rente de froment pour l’année courante sans doute parce que la semence n’avait pu se faire à cause du différent avec le Commandeur. Les tenanciers sont autorisés a couper sur les terres les arbres nécessaires aux habitations qu’ils devaient construire ou réparer.

         Le seigneur avait droit de par l’accensement par lui consenti, à une paire de poule par habitant. Il est vraisemblable que le commandeur, stipula la même redevance, ce qui nous porterait a croire que de 1446 a 1448, le nombre d’habitants serait passé de huit a treize.

  

Transaction de 1450

         Lors de l’acensement de 1446, les partis avaient agit avec précipitation et légèreté. Nous avons vu que certains tènement qu’y étaient compris avaient ensuite reconnus être la propriété de l’hôpital d’Espédaillac en faveur de qui les tenanciers avaient du souscrire bail a cens.

         Or voici que mois de quatre ans après cet acensement, le seigneur d’Espédaillac et ses censitaires sont déjà en difficulté.

         Il avait été reconnu dans l’acte de 1446 que toutes les stipulations de la charte de 1285, on modifiées par celle de 1446 restaient en vigueur.

         Cet acte était précisément muet au sujet de la taille aux quatre cas. Alors que, comme nous l’apprend le document que nous étudions, la coutume de 1285 obligeait les tenanciers a payé au seigneur outre les rentes ordinaires, la somme de 50 livres caorcines dans chacun des 4 cas suivants :

Lorsque le seigneur était armé chevalier.

Au mariage de chacune de ses filles.

Quand il passait la « Grande mer » pour aller en terre Sainte.

S’il était fait prisonnier pou payer sa rançon.

         Les censitaires devaient également verser au seigneur la somme de 25 livres caorcines par mois, s’il était mandé par le seigneur roi à son armée avec les autres seigneurs de la province.

 

         Nous sommes en 1450. Charles 7 n’a pas encore chassé les anglais de son royaume. Il a délivré la Normandie, mais la Guyenne est toujours occupée.

         Ce pays a été ruiné par les exactions des bandes armées, et dépeuplé par toute sorte de fléaux.

         Charles 7 veut commencer la conquête de cette province par le siège de Bergerac. De Montils le tour, le vingt cinq mars 1450, il donne ordre aux sénéchaux de convoquer le Ban de l’arrière Ban et de réunir les milices.

         Raymond de Cardaillac, dit de Pennes et de Thémines, seigneur d’Espédaillac est mandé par le sénéchal du Quercy a l’ost du roi.

         Or il n’avait pas de quoi s’armer et armer ses gens pour partir en guerre. Il ne peut songer a exiger de ses censitaires les sommes spécifiées dans les anciennes coutumes.

         Il connaît la détresse de ses hommes et voudrait plutôt les soulager et les affranchir de leurs charges, pour leurs permettre de supporter le poids de leur misère.

         Il reconnaît qu’Espédaillac est ruiné. Que ce lieu jadis peuplé de 120 habitants, ne compte plus que quelques tenanciers venus tout récemment, et auxquels le temps a manqué pour amasser quelques ressources.

         Ruiné comme ses tenanciers, dépourvu de tout argent, Raymond de Cardaillac ne peut faire remise totale de la taille qui lui est due dans le cas d’appel à l’armée. Mais comme tous les intéressés ont bon vouloir, on transige.

        

Le 11 août 1450 à Belfort, en la demeure du seigneur, le notaire Le Clerc dresse l’acte de transaction.

Jean Boussac fils d’autre Jean et Guillaume Issaly tous deux consuls agréait a l’acte tant pour les autres consuls que pour les autres tenanciers.

Cet acte nous donne le non de quelques tenanciers, au huit hommes nommés dans l’acensement de 1446, nous voyons que quatre autres au moins sont venus s’établir à Espédaillac.

Raymond Hirondelle, il avait déguerpi le lieu il l’a réintégré.

Pierre Gaunin venu de Cajarc

Jean Yssaly venu de Reyrevignes

Géraud Malbec venu lui aussi de Reyrevignes.

Au terme de la transaction, les tenanciers d’Espédaillac n’étaient plus tenus de payer a leur seigneur pour les quatre cas et une seule fois pendant la vie de celui-ci, qu’une somme de 10 livres tournoi en monnaie royale courante valant lot d’or du poids de 3 deniers au coin de Toulouse = 27 et demi.

         L’événement prévu au 5eme cas échéant, l’appel au ban, les tenanciers ne devaient plus payer que pareille somme de 10 livres tournois et encore une seule fois par an. On convint d’ailleurs que dans le cas actuel, et pour l’année courante, la taille de 10 livres due pour le 5eme cas ne serait pas payée.

         Mais, en considération de la concession faite par le seigneur et aussi de la nécessitée ou il était de s’armer et d’équiper ses gens pour aller au service du roi avec le grand et puissant seigneur, le sénéchal du Quercy. Les censitaires remirent a Raymond de Cardaillac, 49 écus d’or et 13 moutons avec leur toison.

         Les deux parties s’engagent à ne pas remettre en question les conventions intervenues.

         En cas de contraventions, elles se vouent a toute les nécessitées des cours de justice, y compris la justice ecclésiastique.

         Elles acceptent par avance sans protestations, ni murmures toutes les sanctions qui pourraient être prononcées par toutes les cours de justice. Séquestre, vente, garnisaire, opposition, détention, etc.

         Et enfin, pour plus de garantie, les parties prêtèrent serment la main sur les quatre évangiles, d’observer sans arrière pensée l’accord consigné a l’acte.

         Les deux consuls d’Espédaillac, qui s’étaient rendu à Belfort pour traiter avec Raymond de Cardaillac, n’étaient pas munis des pouvoirs en forme de leurs co-tenanciers. Ils durent s’obliger à rapporter leur ratification. C’est celle-ci qui fait l’objet du document dont l’analyse suit.

Ratification de 1452.

 

Le vingt deux février mille quatre cent cinquante deux, devant Jacques Gaillard, notaire Royal à Fons, comparurent en personne :

         Jean Issaly

         Jean Boussac

         Jean Moisin

         Pierre Gounin

         Géraud Delpon fils de Ricard

         Raymond Hirondelle

         Raymond Selves

         Jean Rigolac

         Jean Teysseire fils de Géraud

         Guillaume Issaly

Tous habitants d’Espédaillac agissants unanimement et ensemble pour eux et les autres habitants du dit lieu a l’effet de donner pouvoir a : noble Guillaume de Pennes conjointement avec Géraud Delpon de ratifier la transaction intervenue entre eux et le seigneur en l’ans mille quatre cent cinquante deux.

         Quatre jours après, le 26 février 1452, Pierre le Clerc, notaire Royal à Puylaroque qui avait reçu l’acte de cette transaction dressa la ratification dans la demeure à Belfort de noble et illustres seigneur Raymond de Thémines dit de Pennes co-seigneur de Thémines de Cardaillac et du lieu de Belfort et seigneur de tout le lieu d’Espédaillac.

Confirmation en 1457

 

         Raymond de Cardaillac mourut sans descendant. Il fit héritier de ses biens, droit, armes, et non, Dieudonné de Lauzières, son neveu, fils de sa sœur Catherine, laquelle avait épousée Rostang de Lauzières.

         En 1457, Dieudonné de Lauzières venait de recueillir cette succession. Il ce rendit à Espédaillac pour selon la coutume, recevoir le serment de fidélité de ses tenanciers, et confirmer la charte à eux accordée par ses prédécesseurs.

         Etant donné son jeune âge, il était assisté de noble Guillaume de Thémines et de Pennes seigneur de St Lyr-Madelon sons vassal, sons conseiller, et parant.

Le même que les habitants d’Espédaillac avaient choisi en 1452, pour mandataire.

 Dieudonné de Lauzières se rendit le huit février au cimetière de l’église paroissiale ou il trouva rassemblés :

Jean Teysseire

Jean Moisen dit Grèzes

Raymond Singlar, consul

Pierre gainin

Barascon Issaly, dit Reillac fils de Jean ou Jeannillou en son nom et pour son père absent

Jean Boussac

Raymond Gounin

Raymond Hirondelle

Guillaume Yssaly, pour lui et Jean son père absent

Jean Rigolac

Géraud Beauville

Comme censitaires emphytéotes ou tenanciers du fief, possessions, héritages et herbage du lieu d’Espédaillac.

         Pierre le Clerc notaire à Puylaroque, avait accompagné ses illustres clients et dressa le procès verbal de la confirmation en présence comme témoins de :

         Jean Ganil de Grealou

         Pierre Lacaze de Reillac

         Antoine Borech de Reillac

         Jean Selves de St Sulpice

         Jean Boussac {le jeune} d’Espédaillac

Prud’homme Pierre Gounin prit la parole au nom de la communauté, il déclara à Dieudonné de Thémines dit de Pennes de Lauzières et de Cardaillac, seigneur pour tout le lieu d’Espédaillac, que les habitants s’étaient assemblés pour lui faire révérence, le saluer, lui rendre honneur et lui témoigner leur soumission comme doivent le faire de bons emphytéotes.

         Il ne manqua pas de lui faire connaître que avant sa mort, son auteur, Raymond de Cardaillac dit de Pennes leurs avait donné a nouveau cens le lieu d’Espédaillac, et confirmé les antiques coutumes et il le supplia de vouloir de vouloir suivre l’exemple de ses prédécesseurs, confirmer les coutumes et prêter serment de les faire respectées, lui offrant de lui faire jurer fidélité.

 Dieudonné de Thémines répondit en assurant ses tenanciers de son bon vouloir.

Il accepta leur protestation de soumission, promit de suivre l’exemple de son oncle et libéralement et spontanément, ratifia et confirma les coutumes et ancien accensements.

        

Toute fois il eu soin d’y apporter quelques modifications a ses avantages.

Le cens convenu en mille quatre cent quarante six, était de :

         26 setiers de froment

6 setiers d’avoine mesure de Figeac

17 livres 17 sous 6 deniers tournois volant 13 écus d’or du poids de trois deniers au coin de Toulouse

8 paires de poules

8 livres de cire.

Il le porta a :

39 setiers de froment

13 setiers d’avoine mesure de Figeac

26 livres

13 paires de poules

13 livres de cire.

Et le notaire a soin d’ajouter : C’est a savoir pour chacun des treize emphytéotes du lieu,

3 setiers de froment

1 setiers d’avoine mesure de Figeac

40 sens tournois

1 paires de poules

1 livres de cire.

Par quoi nous savons qu’en 1457, les emphytéotes et tenanciers d’Espédaillac étaient au nombre de treize.

         Dieudonné de Thémines ce réserva en outre, certains cens dus pour différentes causes par :

         Jean Issaly, dit Jeannillou

         Jean Moisen, dit Grèzes

         Jean Rigolac

         Géraud Beauville

Enfin il n’eut garde d’oublier de spécifier la réserve de tous ses droits de justice et tous droits et devoir seigneuriaux, ainsi que les troubles dues comme il avait été convenu avec ses prédécesseurs.

         L’acte ce termine par l’indication des bornes de la seigneurie, la soumission des parties aux diverses juridictions civiles et canoniques et les serments d’usage.

 

Compromis et sentence arbitrale de 1478.

 

         La guerre de cents ans est terminée depuis déjà longtemps mais ses conséquences se font encore sentir dans la région. Cette guerre interminable, a entraîné des calamitées sans nom sur notre Pays. La population dispersée, les terres en friches, tout le sol livré aux broussailles, les habitations détruites, telle fut la situation.

         Quand la paix régna et que la tranquillité se fut rétablie, les seigneuries se repeuplèrent. On accensa a nouveau les terres, la culture chassa la friche mais les bornes avaient disparues.

         Les nouveaux tenanciers ignoraient les limites des terres de leur seigneurie, d’où des contestations, des appels à la justice et parfois des luttes a mains armées.

         Entre les habitants d’Espédaillac et ceux de Quissac, pareil débat s’était élevé. Ce qui ne surprend pas celui qui a parcouru, le Maurimont, le Pech d’Escard, ou la Malèze, terrains situés à la limite des deux lieus.

         Des invectives, on en était venu aux voies de fait. Les esprits s’étaient exaspérés. Les habitants d’Espédaillac avaient saisis les animaux appartenants aux habitants de Quissac se trouvant dans les pâturages contestés.

         Ceux-ci obtinrent au viguier de Figeac, un ordre de restitution qu’un sergent fit exécuter, mais les Espédaillacois, firent appel et l’affaire allait s’éterniser devant les diverses juridictions quand on décida, de s’en remettre à la décision d’arbitres honorable.

         Mr Pierre Dabel, bachelier en décret de Gourdon et Mr Pierre Boussac, notaire à Cajarc, furent choisis comme arbitres par d’une part :

Noble et puissant seigneur Raymond Herbrard, chevalier seigneur de St Sulpice et de Quissac, et les habitants de ce lieu à savoir :

         Jean Etienne et Durand Chalvet

         Aymerie et Bertrand Danto

         Géraud Vayssié

         Jean Sanglade

         Bernard Vermeil

         Martin Langlade

         Pierre Tournié

         Pierre Pradé

         Bertrand Ségui

         Pierre Roques

         Guillaume Singlar

         Jean Vayssié

Et d’autre part : Dieudonné de Thémines seigneur de Thémines et de toutes les terres de Bourriane , d’Espédaillac, et les habitants de ce lieu a savoir :

 

         Raymond Singlar

         Mérigou Balmette

         Jean Moisin

         Jean Selves

         Etienne Sabatié

         Pierre Hirondelle

         Pierre Gounin

         Jean Issaly

         Géraud Berdoila

         Etienne Richard

         Etienne Caussanet

         Etienne Massalop

         Etienne Vayssié

         Jean Teyssiere

         Jean delpon

         Jean Olivier

         Guillaume Dabot

Nous avons cru bon de donner le nom des habitants de Quissac et d’Espédaillac figurant au compromis de mille quatre cent soixante dix huit ne fut-ce que pour donner, à leurs lointains descendants du 20eme siècle, le plaisir d’y reconnaître leurs ancêtres.

         Les arbitres prirent connaissance des documents produits par les parties. Ils firent une enquête, procédèrent à la visite des lieux et délibérèrent.

         Après quoi et avant de rendre leur sentence, prudemment, ils firent prêter serment par les consuls des lieux, habilités par des pouvoirs authentiques qui eux et leurs administrés se soumettraient à leur sentence, « tout comme si elle étaient arrêt du parlement »

         Après quoi les arbitres se rendirent sur les lieux du débat où se trouvaient réunis les intéressés. La, s’étant comme le faisait les anciens, assis en guise de tribunal sur un tronc d’arbre renversé, a haute et intelligible voie, ils lurent leur sentence. La proclament telle que le document la rapporte en langue vulgaire pour qu’elle fût comprise de tous.

         Les limites tracées par les arbitres de mille quatre cent soixante dix huit servent encore de séparation entre les communes de Quissac et d’Espédaillac depuis la limite de Durbans, jusqu aux abords de la verrerie. Les terres d’Espédaillac ne s’étendaient pas plus au sud.

Au sud se trouvaient le quartayroux de Génies, qui en mille trois cent cinquante, fut reconnu au seigneur de Bringues et les biens de Ginouillac.

 

Compromis et sentence arbitrale rendue entre les habitants d’Espédaillac et ceux de Grèzes en 1482.

        

         Entre Espédaillac et Grèzes, les bornes avaient disparu, tout comme entre Espédaillac et Quissac.

         De ce côté, le fait était plus grave car des fontaines et des mares au combien précieuses en ce pays de Causse, en jalonnaient les limites.

          Selon les coutumes, après avoir discuté, s’être disputé, avoir fait appel a la justice, lassés de ses lenteurs, effrayés de ses frais, les parties nommèrent des arbitres.

         Fait digne de remarque, les tenanciers de Grèzes, choisiront pour arbitre leur seigneur Jean de Cardaillac, seigneur de MontBrun et de Grèzes.

               Ceux d’Espédaillac, choisirent pour arbitre, Doré de Cardaillac, chevalier seigneur de Thémines et d’Espédaillac.

        

         Les arbitres, après examen des actes et enquêtes sur les lieux, désignèrent six experts, pris trois de chaque partie avec lesquels, ils étudièrent a nouveau l’affaire et avec l’avis desquels ils rendirent leur sentence le 20 mai 1482.

         L’acte en fut dressé par Guillaume Abellié, notaire royal sur les lieux prés de la Grélie, sur la paroisse de Grèzes. Les bornes furent plantées par les experts. Les arbitres, ordonnèrent qu’elles soient a jamais respectées.

         A l’encontre de la sentence, qui avait terminé le différent entre les tenanciers d’Espédaillac et de Quissac, celle-ci est écrite en Latin. Nous la traduisons en partie tout au moins pour faire connaître les précautions prises au sujet de l’usage des abreuvoirs.

         Et d’abord, les arbitres proclamèrent que les confrontations et les limites des lieux de Grèzes et d’Espédaillac, étaient en commençant : Le lac de Bapide (mare située sur la hauteur se trouvant au sud du mas de l’Artillou) en sorte que ce lac devait rester du coté d’Espédaillac en ce dirigeant vers Durbans. De plus, les arbitres indiquèrent qu’il devait être mitoyen, de sorte que les habitants de Grèzes et ceux d’Espédaillac aient la possibilité d’y abreuver leurs animaux. Comme ce lac ce trouvait, à proximité du chemin, il fut convenu qu’on y placeraient au milieu un poteau portant, du côté de Grèzes, les armes du seigneur de Grèzes, et du côté d’Espédaillac, les armes du seigneur d’Espédaillac.

         Si un délit s’y commettait, il devait être instruit par les juges des deux seigneurs qui devaient ainsi percevoir en commun le péage.

         De ce lac, la limite allait de borne en borne et les arbres marqués jusqu’à la fontaine de Saque-Maysselle, qui devait appartenir en entier aux habitants d’Espédaillac. Cette fontaine, souvent a sec, ce trouve encore sur la limite en Grèzes et Espédaillac, au pied d’un tertre au sud et non loin du chemin de Caniac, entre ce chemin et le Mas de l’Artillou.

         La limite suit le tertre, un gros mur existant encore, et traversant le chemin de Caniac, aboutit au lac dit du chemin de Canis.  Ce lac, alimenté par une excellente source, se trouve toujours sur la limite des deux communes à proximité de la route de Grèzes à Espédaillac et sur le chemin, de la Grélie. Ce lac, devait appartenir aux habitants de Grèzes, mais sauf faculté à ceux d’Espédaillac d’y abreuver leurs animaux en suivant le chemin indiqué par des bornes. Du lac du chemin Canis, la limite de borne en borne et d’arbre marqué en arbre marqué, aboutit à la fontaine dite de Font Redonde, qui sera aux habitants d’Espédaillac, sauf a ceux de Grèzes d’avoir sur elle des droits stipulés pour les habitants d’Espédaillac sur le lac du chemin de Canis.

         La limite vas ensuite, de borne en borne, jusqu’au chemin de Singlar. Elle suit ce chemin, puis ce dirige de borne en borne vers les terres de Durbans, ou elle aboutit en traversant une combe à la limite de Durbans et de Grèzes indiqué par un cayrou.

         La fontaine de font redonde dont il est question, parait être celle dite aujourd’hui fontaine de Mégal. Le chemin qui suit la ligne dérisoire est celui des Gachis. Le cayerou ou ce termine la délimitation ce trouve aux abords de Cabanes, donné dans le document de 1271 comme point de départ de la limite entre les terres du seigneur d’Espédaillac et celles de l’hôpital

 

 

Transaction de 1488

 

La guerre de cent ans et les calamités qu’elle a entraînées, sont bien oubliées.

Charles huit règne. Anne de Beaujeu a soumis les seigneurs qui s’étaient révoltés après la mort de Louis six. La Bretagne qui bientôt donnera une reine a la France, reste à soumettre.

Avec la paix, la prospérité est revenue. Les terres abandonnées ont été remises en valeur. Les ruines ont été relevées, le commerce a repris, la main d’œuvre abonde, on n’a même plus le souvenir des années de détresse.

Dieudonné de Lauzières de Thémines et décédé. Le seigneur actuel d’Espédaillac, en mille quatre cent quatre huit, est Guillaume de Lauzières de Cardaillac De Pennes de Thémines époux de souveraine Hébrard de St sulpice.

Il voit sa seigneurie prospère, peuplée, son territoire forme treize exploitations chacune d’elles, détenue par plusieurs censitaires.

Dieudonné, son père a même racheté ou du mois a usé de son droit de prélation et, au domaine qu’il avait sur la tenure de Vital Boussac, l’un de ses censitaires. Il a joint le domaine utile. Il est plein propriétaire des terres qui le compose et les fait exploiter a son profit, sans doute au moyen des corvées aux quelles il a droit. Il ce rend aussi compte du rapport de cette tenure et par comparaison, trouve ridiculement faible les redevances qu’il perçoit sur les autres terre.

Il s’adresse donc a ses tenanciers par l’entremise des consuls. Il affirme que ses ancêtres, ont été trompés et lésés de plus de moitié quand ils ont accensés le lieu et réclame l’augmentation des cens.

Les habitants d’Espédaillac, ce concerte. Ils redoutent un procès avec leur seigneur, il en coûte gros, et on n’en finit jamais. Les affaires vont bien, l’aisance règne. On peut faire sa part au maître, on discute et on transige. Aussi bien ce n’est pas la première foie que les redevances ont été accrues.

Dieudonné de Thémines, quand il a confirmé les coutumes en mille quatre cent cinquante sept a porté le sens a trente neuf setiers de froment, treize setiers d’avoine et 26 livres d’argent alors que l’acensement de mille quatre cent quarante six, ne stipulait que vingt six setier de froment, dix setier d’avoine dix sept livres dix sept sous six deniers d’argent.

Après quelques débats, il intervint un accord entre Guillaume de Thémines co-seigneur de Thémines, de Cardaillac, de Gourdon et pour toute la terre de la Bouriane et d’Espédaillac d’une part, et :

 Jean selves consul et syndic d’Espédaillac

Etienne Massalop

Mérigou Balmette

Guillaume Moisen

Jean Gounin

Antoine Caussanel

Antoine Gounin

Raymond Singlar

Etienne Richard

Jean Aldon

Etienne Vayssié

Jean Delpon

Tous habitants d’Espédaillac, agissant pour eux et les autres absents d’autre part.

L’instrument de cet accord, fut dressé par jean Balaguier notaire en présence comme témoin de :

 Noble Roland Murat seigneur du dit lieu Murat

 Mr Gounin Jean prêtre recteur de Rassiels

 Antoine Loumagne du diocèse de St Flour

Guillaume Masclar du diocèse de St Flour

Jean Labari du diocèse de St Flour

Jean Roques de St Simon

Jean Vayssiere de Lissac

Le 13 février 1488 à Espédaillac.

         Au termes de cet accord, il fut convenu d’abord que le cens annuel serait accru de treize livres tournois valant chacune vingt sous tournois ce qui, avec le vingt huit livres déjà stipulées, ferait la somme de trente neuf livres a payer, moitié a la St André apôtre, et moitié a l’Ascension.

         Que le cens de grains serait augmenté, celui de froment de treize setiers, et celui d’avoine de treize setier, ce qui porterait la redevance an froment a cinquante deux setiers et celle en avoine a vingt six setiers le tout en mesure de Figeac, a livrer à la St Michel.

         En outre, tous ceux qui ont ou auront leur foyer ou leur domicile où leur bien a 4espédaillac ou dans ses dépendances, devront remettre tous les ans au seigneur à la Noël une livre de cire et une paire de poule. A la Pentecôte, un chevreau ou une chevrette. Ceux qui n’auraient ni chevreau ni chevrette, devrais trois double valant chacun dix deniers tournois. De plus chaque censitaire devra deux couvées par an, l’une en hiver, l’autre en été.

         En outre, il fut convenu que la taille aux cinq cas resterait fixée à dix livres tournois. Mais la taille due pour le mariage des filles du seigneur fut étendue à ses sœurs et stipulée non seulement pour le mariage, mais aussi pour leur entrée en religion.     

Les acaptes et arrière acaptes dues par chacun des habitants ayant son domicile ou foyer a Espédaillac, a chaque mutation de seigneur ou d’emphytéotes, restent fixés pour le présent et l’avenir à 10 sous tournois, une livre de cire, une paire de poules, et un chevreau ou chevrettes.

Guillaume de Thémines, promit de modifier les paragraphes des coutumes anciennes qui pourraient être préjudiciables a ses tenanciers, pourvu toutefois que ce ne soit pas à son détriment.

Il fit remisé des acaptes a lui dues a raison du décès de son père et des amendes déjà prononcées a son profit.

Il spécifia qu’il se réservait la pleine possession du domaine direct et du domaine utile de la 13eme partie du lieu que son père avait acquise de Vital Boussac, mais reconnut qu’il aurait en conséquence a diminuer proportionnellement les redevances.

Il fit encore réserve des cens dus par Guillaume Moisen, Géraud Beauville, Guillaume Dabot, Jean Aldon, Etienne Vayssié et Barascon Issaly en sus de celui indiqué plus haut.

Et enfin il confirma les coutumes anciennes du lieu dont les habitants demandèrent la traduction et l’insertion a l’acte, ce pourquoi elles nous sont parvenues.

 

Accord de 1491

 

Les habitants d’Espédaillac n’oublièrent pas la promesse que leur avait faite leur seigneur en 1488.

C’est pourquoi devant Jean Balaguier, notaire à Blars assisté de témoins, noble et puissant Guillaume de Thémines, co-seigneur de Thémines, de Cardaillac, de Gourdon et seigneur pour le tout d’Espédaillac, de Quissac, de Atix, de toute la terre de la bouriane et de plusieurs autres lieux, étant présents, comparurent :

Jean Gounin consul et syndic d’Espédaillac

Etienne Massalop

Mérigou Balmette

Guillaume Moisen

Antoine Caussanel

Antoine Gounin

Raymond Singlar

Etienne Richard

Jacques Hirondelle

Jean Teyssiere

Guillaume Dabot

Etienne Vayssié

Pierre Hirondelle

Faisant pour eux et les absents membres de la communauté d’Espédaillac.

         Jean Gounin consul parlant au non de la communauté, rappela a Guillaume de Thémines qu’il avait promis de modifier le paragraphe de la coutume d’Espédaillac préjudiciable aux habitants.

         Il ajouta, que ces coutumes si elles interdisaient au seigneur le droit de céder et de vendre les herbages et les pacages du lieu, ne limitaient pas le nombre d’animaux qu’il pouvait y faire paître, et demanda plusieurs autres modifications.

         Guillaume de Thémines, accorda que le nombre de bêtes à laine qu’il pourrait faire paître serait fixé a 400. Que si au lieu de bêtes a laine, il voulait faire paître des bêtes a cornes, chacune de celle-ci compterait pour 10 bêtes a laine. Son droit de faire paître, 10 porcs ou chèvres, comme pouvait le faire tout possesseur d’une exploitation était préservé.

         Il annula la clause interdisant aux censitaires de garder des porcs appartenant à des étrangers à la seigneurie sans l’agrément du seigneur, et reconnut qu’il n’aurait rien à percevoir de ce chef et celle relative aux semences.

         Il consentit à réduire a quatre sous la redevance a lui due pour appel a sa justice, et enfin, abandonna a ses tenanciers la jouissance en commun avec lui du tènement du cloup Covet qu’il s’était jusqu’alors réservé.

         Sur Espédaillac au 16eme et 17eme siècle, le dossier que nous dépouillons ne nous donne aucun renseignement.

         Disons cependant qu’à raison services qu’avait rendus à la couronne Pons de Lauzieres-Thémines, Henri quatre érigea en marquisat en sa faveur, les baronnies de Thémines, et Reyrevignes réunies aux seigneuries de Rueyres, Issendolus, Quissac, la Brasconie, et Espédaillac.

         Les lettres patentes, sont datées du 31 janvier 1610 quelques mois avant l’assassinat du roi. (14 mai 1610)

        

         Les armes du nouveau marquis, se lisaient :

Ecartelé au un d’argent à l’osier de sinople, qui est de Lauzières.

Au deux gueules et deux chèvres passantes d’argent l’une sur l’autre qui est de Thémines.

Au trois gueules au lion d’or entouré de treize faisans du même qui est de Cardaillac.

Au quatre d’or a trois faces de sable au chef d’hermine qui est de Penne.

 

 

Procès ente le commandeur de Durbans et les habitants d’Espédaillac.

 

Une procuration datée du 6 décembre 1722, nous fait connaître un procès engagé entre le commandeur de Durbans, et divers habitants d’Espédaillac au sujet du droit d’acape prétendu par le commandeur sur quelque prétendu fief ou bien d’Espédaillac non désignés ni confrontés.

                   La procuration était consenti, par :

Bernard Gounin marchand

Marguerite Grimal, Veuve de Bernard Lafon

Antoine Born, marchand

Pierre Carayol, marchand

Antoine Delteil, marchand

Guillaume Balmette, maçon

Barthélemy Barthe, peigneur de laine

François Balmette, peigneur de laine

Antoine Pons, travailleur

Jacques Caussanel, travailleur

Pierre Rigal, brassier

Guillaume Grimal, tailleur

Jean Balmette, tisserand

Charles Garrigues, brassier

Ils constituèrent pour leur mandataire le sieur Antoine Brajat, bourgeois d’Espédaillac à qui ils donnèrent notamment pouvoir de faire opposition à l’arrêt rendu le 1er Août 1722 par nos seigneurs des requêtes au parlement de Toulouse, en faveur de messire Sauveur de Foresta, commandeur de Durbans, contre les consuls d’Espédaillac et divers habitants du dit lieu.

Quelle fut l’issue du procès ? Les pièces du dossier de l’hôpital de Figeac, ne nous l’indique pas. A moins que le document qui va suivre, n’en soit la conséquence, ce qui serait une preuve de plus des lenteurs de la justice.

 

 

 

Reconnaissance féodale de 1746

 

         Un arrêt, rendu le 14 Août 1745 par le parlement de Toulouse, condamnait les habitants d’Espédaillac à faire reconnaissance, en faveur du commandeur de Durbans, des tenures qu’il possédait et dont la directe appartenait à ce seigneur.

En exécution de cet arrêt, les habitants d’Espédaillac donnèrent les pouvoirs nécessaires pour faire cette reconnaissance à Mr Bernard Aubin, l’un de leur consul.

         L’acte de reconnaissance fut reçut le 18 février 1746 au château de Durbans en Quercy, par Mr Labo notaire à Espédaillac.

         Pierre Blanc, notaire royal à Toulouse, secrétaire de l’ordre de St Jean de Jérusalem et son procureur général, représentaient noble Pierre Josèphe de Beam de Masséca-Saux, Chevalier de l’ordre de St Jean de Jérusalem seigneur et commandeur de Durbans de Soulomes et des autres membres de la commanderie.

         Bernard Aubin, au nom de ses commettants, reconnut et confessa tenir en fief emphytéotiqué et directe perpétuelle du dit commandeur, un fief et tènement situé dans le lieu d’Espédaillac d’une contenance de 20 sétérées 2 pugnerées très soigneusement limité et confronté au dit acte. L’indication des limites peut fournir, quelques renseignements intéressants. C’est ainsi que vers le Sud et l’Ouest, le fief confronte à un chemin allant à l’oratoire de MD au Caussanel.

Cet oratoire est situé à l’embranchement de la route de Quissac, en face de la mairie. La place du Couderc était aussi comprise dans le fief qui vers l’Est aboutit à un chemin allant de cette place à la croix de St Thomas.

         Le chemin du Couderc à Trespoux sert aussi pour partie de limite aux possessions du commandeur qui par ailleurs, aboutissent au communal de dessous le lieu (suslec), ou ce trouve la croix de Ste Brigitte et au patus de la tour de St Jean.

         Cette reconnaissance, avait lieu sous la rente annuelle de treize setiers de froment mesure de Figeac, trois livres d’argent et treize paires de poules.

Portable pour la rente en graines en beau blé criblé au château de Durbans à la St julien d’Août et pour l’argent et les poules à la St André avec comme acapte, double rente a chaque mutation du grand maître de l’ordre et pour arrière acapte a chaque mutation d’emphytéote aussi double rente, avec tous les droits lods et vente a raison de deux sols par livre, droit d’investissions, prélation et autres droit et devoirs seigneuriaux.

         Le tout conformément au bail et fief du 10 janvier 1448 et aux autres reconnaissance, notamment celles du 18 octobre 1662 devant Mr Brunet, notaire souscrite par Jean Delpon et Pierre Beauville en faveur de messire Martial de Javon-Chateauneuf, commandeur de Durbans.

Et autre le 13 août 1692, devant Mr Bastit notaire, faite par Antoine Sabatié et Raymond Cabrignac consuls en faveur de Messire Philippe Emmanuel de Ramond-Dalon alors commandeur.

Et enfin de la dernière reconnaissance, consente le 16 décembre 1717 devant Maître Labarrière notaire par les consuls alors en exercice a Messire François de Séguié Poinzien pour le commandeur.

         Pour faciliter au commandeur la perception des arrières acaptes et tous autres droits, le consul Bernard Aubin du obliger la communauté a remettre tous les ans, au commandeur un état de la répartition de la rente qui lui était due.                                   

 

 

Délibération de la communauté d’Espédaillac en 1757

 

Au milieu du 18eme siècle, la seigneurie d’Espédaillac appartenait à Messire Jean Luc de Lauzières, marquis de Thémines. Il avait épousé Angélique Sophie d’Hautefort dont il n’eut pas d’enfants.

Avant de mourir, il légua à son épouse, l’usufruit de tous les biens qui composaient sa succession.

Devenue veuve, Angélique Sophie d’Hautefort se remaria avec Henri Camille, marquis de Bringues, premier écuyer du roi et maréchal de camp. C’est en qualité d’usufruitière des biens de son premier mari, qu’elle est en 1757, seigneuresse d’Espédaillac. Mais elle n’a pas la paisible jouissance de sa seigneurie, ses censitaires s’agitent.

Le dimanche 29 octobre 1757, avant midi il y avait devant la porte de l’église d’Espédaillac, une nombreuse assemblée.

 Elle avait été convoquée par le sergent des consuls et M le curé au frône avait fait monition aux taillables du lieu d’avoir à ce réunir pour délibérer.

Jean Pages, consul moderne comme on disait alors, maire en fonction présidait. Il était entouré de :

Jacques Lacaze, bourgeois

Antoine Moisen, marchand

Jean Moisen, chirurgien

Pierre Magné

Louis Lagasquié de Vabret

Jean Holié

Jean Beauville, marchand

Pierre Selbret, laboureur

Charles carayol

Antoine Caussanel, laboureur

Jean Conquet

Pierre Despeyrousse

Jean Despeyrousse, peigneur de laine

Antoine Guilben

Géraud Teyssiere, marchand

Jean Delteil, peigneur de laine

Charles Pradié

Charles Carayol

Raymond Delpon

Amans Caussanel

Bernard Lacaze

Antoine Hirondelle

Pierre Pons

Jean Bouyssy

Antoine Sabatié

Jean Caussanel

Pierre Moisen

Antoine Lacaze

Antoine Grimal

Antoine Rouzet

Et tous les habitants d’Espédaillac, tenanciers ou contribuables de la communauté.

         Jean Pagés rappela a ses administrés que noble et puissant seigneur Raymond de Cardaillac donna nouveau cens, le 25 février 1446 a leurs prédécesseurs tout le lieu d’Espédaillac, avec le fief d’albavit sous la censive de 26 setiers de froment 10 setiers d’avoine 17 livres 17 sous 10 deniers tournois 8 paires de poules et 8 livres de cire.

         Il ajouta que peu après, sur une réclamation des commandeurs de Durbans, il fut reconnu qu’une partie du territoire accensé par Raymond de Cardaillac, appartenait a la commanderie et que le commandeur, qui alors vivait accensa ces terres a leurs ancêtres moyennant une rente de 13 setiers de froment, 3 livres tournois et 13 paires de poules.

         Que néanmoins, les successeurs de Raymond de Cardaillac, avaient encor accru le sens quoique ce seigneur ait promis et juré pour lui et les siens a l’avenir de n’en rien faire. Que c’était par des manœuvres déloisives et des procédés d’intimidations que les seigneurs d’Espédaillac, qui avaient succédé à Raymond de Cardaillac, avaient obtenus un notable accroissement des charges grevant a leur profit leurs tenanciers, qu’elles réduisaient a la misères ceux qui les devaient.

Qu’elles étaient injustes, indues et qu’il lui paraissait opportun d’en demander la réformation et la remise a ce qu’elles étaient primitivement c'est-à-dire en 1446.

         Au surplus dit il, deux fameux avocats au parlement de Toulouse, Mr Lavigne et Mr Giral, après étude de la question ont conclus au bon droit de nos réclamations.

         Le consul demanda alors à l’assemblée de délibérer et de décider sur les points suivants :

1-   Convient il de réclamer a la marquise le trop perçu ?

2-   Ne convient il pas de demander a la marquise de contribuer au paiement des impositions des biens qu’elle détient tant en domaine utile qu’en domaine éminent ?

Jean Pagés ajouta que toutes les demandes amiables possibles avaient été tentées infructueusement auprès de la marquise, qu’elle était décidé a porter l’affaire au grand conseil de Toulouse et, par suite, il y avait lieu de voter des fonds pour suivre le procès.

L’assemblé adopta toutes les suggestions de son président, décida de plaider, vota les subsides nécessaires et nomma les syndics chargés de suivre l’affaire.

 

Les syndics furent d’abord :

Jean Pagés

Jacques Pradié d’Aubin, fils et donataire contractuel de Jacques Pradié le plus fort imposé

Blaise Yssaly notaire à Bélinac.

C’est sans doute à la demande des syndics que Mr Lacaze, avocat au parlement et bourgeois d’Espédaillac, ce rendit à Toulouse pour faire les démarches au sujet de ce procès, muni de tous les titres de la communauté.

         Et c’est pourquoi à la suite de sa chute malencontreuse, dans la côte de l’aiguille, ces documents furent déposés à l’hôpital de Figeac, ou ils furent retrouvés par Mr Cavalié.

         Le procès dura longtemps, en 1789, il était encore pendant, il fut rayé du rôle dans la nuit du quatre août.  

 

Cadastre de 1758

 

         Nous devons à l’amabilité de Mr le maire d’Espédaillac la communication d’un cadastre ancien, existant aux archives communales. Ce cadastre a été établi de 1753 a 1758, par Mr Antoine Prat, notaire à Figeac et Mr Jean Séguy, notaire a Assier, avec comme indicateur, Antoine Pons d’Espédaillac, remplacé pour cause d’infirmité par Jean Issaly dit Mija, ce dernier payé a raison de 15 sous par jour.

         Il constitue une mise précieuse de renseignements sur Espédaillac au 18em siècle.

         Nous y trouvons que la superficie du lieu était de 3517 séterés 3 cartons 0 pugnerées ¾ de pugnerées ce qui correspond a 1829 h 7358.

         La superficie de la commune est actuellement de 3437 h 3326. La différence, 1607 h 5958 représente le territoire autrefois dépendant de Durbans et de Grèzes et celui constituant la paroisse de Ginouillac.

         Alors qu’au 15em siècle, le seigneur possédait la treizième partie du territoire, en mille sept cent cinquante huit, il ne possède en domaine utile que 107 séterés soit environ 34 séterés en moins.

         La superficie du commandeur est égale a celle indiquée à la reconnaissance de mille sept cent quarante six, soit 20 séterés, le cadastre lui donne 19 séterés environ 9 h 5553 non compris les terres rattachées à Durbans et à Grèzes.

         Ce fief, formait la partie nord du bourg actuel. Il était divisé en 104 parcelles, appartenants a 77 tenanciers. Sur ces parcelles, 58 maisons étaient construites, certaines étaient infimes (40a 60 centiares) la plus grande située a l’Ort Vol Bournat, avait 2 séterés 4924 soit 1 h 3325, elle appartenait a Mr Jean Moisen prêtre recteur de Bringues.

         L’ensemble du territoire de la communauté d’Espédaillac, était joui par 207 propriétaires et comportait 182 maisons.

         Au cadastre actuel le nombre des maisons imposées n’est plus que de 176, mais le nombre des côtes des propriétés non bâties est passé a 269.

        

 

Les 207 tenures du cadastre de 1758, se répartissent comme suit :

        

3 ont 100h ou plus, la plus étendue a 135 h

         1 a 65 h

         5 ont entre 52 et 31 h

         7 ont entre 41 et 31 h

         4 ont entre 31 et 20 h

         23 ont entre 20 et 10 h

         28 ont entre 10 et 5 h

11 ont entre 5 et 3 h

125 ont moins de 3 h 50

        

En terminant ces observations, nous signalons la fixité des appellations des lieux- dits.

De la comparaison entre le cadastre de 1758 et le cadastre actuel, il en résulte que 12 lieux-dits seulement ont reçut une appellation différente.

         Après la transcription de ces documents qui ont été découverts dans les archives de l’hôpital de Figeac par Mr Cavalié, ancien professeur au collège, ancien adjoint au maire de Figeac. Dont la traduction a été faite par l’Honorable et savant Mr Ladièrgue, notaire honoraire a Assier, qui a force de patientes et parfois de pénibles recherches a pu sur les lieux découvrir les fontaines, mares, vieux arbres marqués et jusqu’aux bornes recouvertes a peu près toutes par les broussailles, qui marquaient les limites des terres de la communauté d’Espédaillac.

         Nous ajoutons que, grâce a l’amabilité de Mr Jacques Vayssié, notaire à Livernon, nous apprenons par un acte daté de 1828, que : Guillaume Lafon, fermier au Casals, acheta par moitié avec son fils Charles Lafon, une terre au dit lieu le Casals sise entièrement sur le territoire de la commune de Durbans, a Mr Lacaze propriétaire d’une terre sise sur la commune d’Espédaillac et qui porte encore son nom. 

         Ce dernier étant sans nul doute, le fils de l’avocat au parlement, victime de l’accident qui lui arriva dans la côte de l’aiguille prés de Figeac et dont il a été parlé d’autre part.

 

Assier le 21 juin 1938

Lafon Augustin.